Les Houthis frappent les infrastructures pétrolières saoudiennes en mer Rouge, Trump menace Téhéran d’une « punition militaire majeure »

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Les Houthis lancent des tirs sur des sites pétroliers saoudiens

Alors que les rebelles yéménites pro-iraniens ont revendiqué, samedi 25 juillet, une série de tirs contre des installations pétrolières saoudiennes dans les ports de Yanbu et Jizan, le président américain a promis une riposte d’une ampleur inédite contre l’Iran et ses alliés. Pour la première fois en deux semaines, les États-Unis ne se sont toutefois pas livrés à des frappes aériennes directes sur le territoire iranien, laissant planer le doute sur la stratégie américaine dans une région au bord de l’embrasement.

Les rebelles houthis du Yémen, alliés à l’Iran, ont intensifié samedi leurs attaques contre le royaume saoudien en prenant pour cible des installations pétrolières stratégiques situées sur la côte de la mer Rouge, ouvrant un nouveau front dans un conflit qui menace déjà de paralyser les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Des tirs sur les deux principaux ports pétroliers saoudiens

Selon un communiqué du porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, le groupe a visé et touché avec succès des sites appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco dans les villes de Jizan et Yanbu. Les deux localités abritent des infrastructures d’importance vitale pour le royaume.

Jizan, située à proximité de la frontière yéménite, est le siège d’une raffinerie d’une capacité de 400 000 barils par jour. Yanbu, de son côté, constitue le principal port pétrolier saoudien en mer Rouge, d’où sont chargés quotidiennement des millions de barils de brut, une voie de sortie devenue cruciale depuis que l’Iran a pratiquement fermé le détroit d’Ormuz.

Des images partagées sur les réseaux sociaux et vérifiées par Reuters montrent une épaisse colonne de fumée s’élevant en direction de la raffinerie de Jizan. Des sources commerciales asiatiques ont fait état de possibles dégâts sur des sites de stockage de carburant et de pétrole.

À Yanbu, en revanche, le système de défense antiaérienne Patriot, opéré par des militaires grecs dans le cadre d’un accord avec Ryad, a intercepté deux missiles balistiques tirés en direction des installations pétrolières.

Une riposte saoudienne et une escalade régionale

En réaction, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui mène une guerre contre les Houthis depuis plus d’une décennie, a mené des frappes aériennes contre des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des dépôts d’armes des rebelles dans les provinces de Marib et d’Al-Jawf, dans l’ouest du Yémen.

La veille, la coalition avait déjà bombardé des positions houthies dans le port de Hodeidah, contrôlé par les rebelles.

Cette escalade intervient alors que la trêve onusienne qui tenait depuis 2022 s’est effondrée ce mois-ci. Les Houthis, qui contrôlent le nord et l’ouest du Yémen, ont décrété un blocus naval contre l’Arabie saoudite, et leur chef, Abdul Malik al-Houthi, a averti que toutes les installations pétrolières saoudiennes seraient désormais des cibles potentielles.

Les rebelles ont par ailleurs accusé Ryad d’une « escalade dangereuse » après que cette dernière a frappé des cibles militaires houthies vendredi.

 La « punition militaire majeure » promise par Trump

Cette nouvelle flambée de violence survient au lendemain d’une menace explicite du président américain Donald Trump. Jeudi, après que les Houthis ont revendiqué l’attaque de deux pétroliers saoudiens, l’Encelia et le Layla, en mer Rouge, M.

Trump a promis une « punition militaire majeure » contre Téhéran et ses alliés yéménites. Sur les réseaux sociaux, il a écrit : « Si ils font cela à nouveau, les États-Unis tiendront l’Iran pour responsable, étant donné que les Houthis sont un surrogate et/ou un proxy de l’Iran, et une punition militaire majeure sera infligée à l’Iran et, bien sûr, aux Houthis eux-mêmes ».

Dans une interview accordée au site d’information Axios, le président américain a indiqué envisager sérieusement de relancer des opérations de combat d’envergure contre l’Iran, estimant que Téhéran « n’a pas encore assez souffert ».

Il a également menacé de compenser « tous les dommages causés » aux navires marchands avec « l’argent iranien », en référence aux avoirs gelés de la République islamique aux États-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répliqué en mettant en garde contre un « précédent incendiaire » qui pourrait plonger le monde dans le chaos.

Une accalmie américaine inédite en deux semaines

Fait notable, les États-Unis se sont abstenus de lancer des frappes aériennes sur l’Iran samedi, une première en deux semaines. Depuis l’effondrement de la trêve, l’armée américaine menait des raids quasi-quotidiens contre des cibles iraniennes, avec une 13e nuit consécutive de frappes jeudi et vendredi.

Les frappes américaines, qui ont notamment touché la ville iranienne d’Ahvaz, ont fait quatre morts et cinq blessés, selon les autorités iraniennes.

Ce répit américain intervient alors que les Houthis menacent de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, qui contrôle l’accès de la mer Rouge à l’océan Indien, un second goulet d’étranglement majeur pour le transport maritime après le détroit d’Ormuz.

Déjà, cinq pétroliers ont changé de cap en mer Rouge pour éviter la zone, et le coût de l’assurance pour le transport de marchandises dans le sud de la mer Rouge a doublé pour certaines compagnies.

 Des conséquences économiques mondiales

La perspective d’un double blocus, en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz, a provoqué une flambée des prix du pétrole. Le baril de Brent a bondi de plus de 6 %, dépassant les 100 dollars pour la première fois depuis mai.

Cette flambée menace de raviver l’inflation et de peser sur une économie mondiale déjà fragilisée par un conflit qui dure depuis cinq mois et a déjà fait des milliers de morts.

Alors que la coalition saoudienne a juré de répondre « sans compromis » à toute nouvelle hostilité des Houthis, et que Téhéran a averti qu’il répondrait proportionnellement à toute attaque sur son territoire, la communauté internationale retient son souffle, redoutant une extension dangereuse du conflit à l’ensemble de la région.

CTV avec Reuters

 

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