Trois jours après avoir reçu son prédécesseur à Dakar, le président sénégalais a officialisé ce 20 juillet 2026 le soutien de tout l’appareil d’État à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Un revirement qui le place en rupture assumée avec la ligne de son propre parti, Pastef.
Le ministère des Affaires étrangères a diffusé un communiqué invitant « toutes les forces vives de la Nation » à porter cette candidature, désormais présentée comme celle du Sénégal au service d’un multilatéralisme renforcé. Macky Sall, déjà parrainé par le Burundi, poursuit sa campagne : après un passage au Maroc, il a été reçu le même jour par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Sur le fond, cette décision coupe net avec les positions des militants de Pastef, qui jugent l’ex-président responsable d’atteintes aux droits humains et d’une dette cachée plombant les finances publiques. Le parti d’Ousmane Sonko, qui menaçait naguère de le poursuivre pour « haute trahison », est aujourd’hui désavoué par son propre chef de l’État.
En s’affranchissant ouvertement de la tutelle de Pastef , Diomaye Faye semble jouer une partie à double détente. Ce soutien à l’APR de Macky Sall pourrait lui offrir une précieuse coalition électorale pour les locales de janvier 2027 et de possibles législatives anticipées. Mais le pari est risqué : en retournant sa veste sur ce dossier, le président mise son avenir sur une alliance avec son ancien adversaire, quitte à brûler ses derniers ponts avec sa base militante.





