Démission du Premier ministre britannique Keir Starmer

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Le Premier ministre britannique Starmer visite un chantier de construction de logements à Londres
Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait un geste lors d’une rencontre avec des habitants à l’occasion de sa visite d’un lotissement dans le nord de Londres, en Grande-Bretagne. /Photo prise le 19 juin 2026/REUTERS/Peter Macdiarmid

Le Premier ministre britannique travailliste Keir Starmer a annoncé sa démission lundi, cédant ainsi à la pression d’un grand nombre voix au sein de son parti pour laisser la place à Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester.

Ce dernier a en effet facilement remporté vendredi une élection législative partielle dans le nord-ouest de l’Angleterre, ce qui était une première étape nécessaire pour évincer Keir Starmer, notamment tenu responsable de la déroute historique du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai.

Lors d’une courte allocution devant le 10, Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, Keir Starmer a dit, avec des sanglots dans la voix, qu’il avait fait part de sa décision au roi Charles III plus tôt dans la journée, ajoutant qu’il apporterait tout son soutien à son successeur.

« La question que se pose actuellement mon parti est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse apportée par mon groupe parlementaire à cette question, et j’accepte cette réponse de bon cœur », a-t-il dit.

Keir Starmer a précisé que la procédure visant à désigner celui qui le remplacera s’ouvrirait le 9 juillet, tout en remerciant les membres de son parti, sa femme et ses enfants pour leur soutien.

Andy Burnham devrait normalement être celui qui prendra la place de Keir Starmer mais, quoi qu’il en soit, la Grande-Bretagne aura un (ou une) septième Premier ministre en un peu plus de 10 ans, un rythme jamais vu depuis près de deux siècles.

DIXIÈME ANNIVERSAIRE DU VOTE BREXIT

Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 à la faveur d’une nette victoire du Parti travailliste aux législatives après 14 années de gouvernements conservateurs, avait dans un premier temps dit qu’il se battrait pour son poste après la victoire d’Andy Burnham dans la circonscription de Makerfield.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n’a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d’histoire, une motion de défiance à l’encontre du chef du gouvernement au profit d’un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

Mais après des sondages montrant qu’Andy Burnham était assuré d’obtenir sans difficulté ce minimum nécessaire, de nombreuses voix s’étaient élevées au sein du Parti travailliste pour éviter cette procédure, susceptible de creuser les divisions au sein du parti.

Avec son ambition affichée, entre autres, de lutter contre le creusement des inégalités, de nationaliser certains services publics, Andy Burnham est vu par nombre des membres du Labour comme le mieux placé pour faire rempart à Reform UK, le parti de droite nationaliste, pro-Brexit, de Nigel Farage.

Cela fait un an que les sondages donnent Reform UK comme le vainqueur des prochaines élections législatives, prévues en 2029.

L’annonce de la démission de Keir Starmer coïncide avec le dixième anniversaire du vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne, devenue effective le 31 décembre 2020, un choc dont les conséquences, surtout en Grande-Bretagne mais aussi en Europe continentale, se font encore ressentir.

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