Paris se prépare à une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère et pour les conditions d’étude des lycéens. Le Conseil d’État a validé le parcours imposé par la préfecture, de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, au nom d’un « risque très élevé » de troubles à l’ordre public.
La France se préparait samedi à une nouvelle journée de manifestations contre la vie chère et pour l’amélioration des conditions d’étude des lycéens, dans un contexte de tensions après les violences qui ont marqué les mobilisations du 17 octobre et, dans une moindre mesure, celles du 24 octobre.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le Conseil d’État a donné raison au préfet de police de Paris et au gouvernement en validant le parcours du cortège de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, rejetant celui entre Bastille et Nation défendu par les syndicats.
Dans son ordonnance consultée par Reuters, la juridiction motive cette décision par l’existence d’« un risque très élevé de nouveaux troubles majeurs à l’ordre public ».
La veille, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait également évoqué un « risque très élevé de trouble à l’ordre public » pour ce samedi.
Il a annoncé le déploiement de 70 000 membres des forces de l’ordre dans tout le pays, comme une semaine plus tôt, après avoir affirmé en début de semaine que tout le monde était mobilisé pour assurer une réponse « extrêmement ferme » à tout incident.
Ce samedi coïncidant avec Halloween, le ministre a rappelé que, concernant les déguisements, « depuis une loi de 2019, le fait de se dissimuler le visage dans une manifestation au cours de laquelle sont commis des troubles à l’ordre public ou au cours de laquelle on a de bonnes raisons de penser que des troubles à l’ordre public seront commis constitue un délit ».
Entre 100 000 et 150 000 manifestants attendus à Paris
Quelque 150 rassemblements sont prévus à travers la France, selon le ministère de l’Intérieur. De 100 000 à 150 000 manifestants sont attendus à Paris, rapporte BFMTV citant une source policière.
L’intersyndicale d’Île-de-France appelle à manifester à 14 heures au départ de la porte de Bagnolet, selon un communiqué de la CGT relayé par BFMTV.
Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain, a annoncé qu’il se rendrait porte de Bagnolet « répondant à l’appel des syndicats de lycéens, d’étudiants, des confédérations syndicales des salariés et des Gilets jaunes ».
« Avec les insoumis, nous soutiendrons les revendications pour des conditions d’études décentes et contre la vie chère », a-t-il ajouté.
La RATP indique sur son site internet qu’en raison de manifestations sur la voie publique, certaines lignes de bus sont susceptibles d’être déviées ou limitées, tandis que le trafic est partiellement interrompu sur plusieurs lignes de métro et de RER, certaines stations étant fermées.
Les contrôles se poursuivaient dans les gares de Paris et de sa petite couronne sous l’autorité de la préfecture de police, qui a fait état de plus de 1 200 contrôles réalisés. À Mulhouse, 175 engins pyrotechniques ont été saisis, selon le ministère de l’Intérieur.
La CGT dénonce une « stratégie de désorganisation »
« Le Conseil d’État valide la stratégie de désorganisation du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police », a déclaré sur BFMTV Adèle Tellez, co-secrétaire de la CGT Paris.
« Il nous semble que c’est très inquiétant. Il est évident qu’en annonçant ce matin que le départ sera porte de Bagnolet, de nombreux manifestants ne seront pas au courant d’ici cet après-midi et se rendront à Bastille. Ceci va totalement désorganiser la journée », a-t-elle ajouté.
Le ministère de l’Intérieur a de son côté écrit sur X que le Conseil d’État avait annulé la décision du tribunal administratif qui suspendait l’arrêté d’interdiction partielle de la manifestation.
« La juridiction valide la nécessité de cet itinéraire alternatif de la porte de Bagnolet jusqu’à la porte de Charenton, considérant qu’il préserve la pleine liberté de manifester ainsi que la visibilité des revendications sur un parcours sécurisé, en limitant les risques d’exactions en marge du rassemblement et dans les autres lieux de la capitale », indique Beauvau.
« Pour la sécurité de tous, la préfecture de police invite donc les personnes souhaitant manifester à rejoindre cet itinéraire. »
Le 24 octobre, 410 000 personnes avaient manifesté dans toute la France, dont 110 000 à Paris, selon Beauvau, sans incident majeur une semaine après les violences et pillages qui avaient accompagné une première journée de mobilisation contre la vie chère et en soutien à la contestation lycéenne et étudiante, le 17 octobre.
CTV Info avec Reuters





