L’Iran et les Émirats arabes unis ont approuvé samedi une déclaration commune du groupe des BRICS appelant à la retenue dans la guerre au Moyen-Orient, un geste perçu comme un signe de progrès diplomatique entre les deux pays, divisés par le conflit.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s’est également entretenu avec le prince héritier d’Abou Dhabi en marge de la première journée du sommet des BRICS à New Delhi, lors de la rencontre au plus haut niveau entre les deux pays depuis le début du conflit, en février dernier.
Les deux dirigeants ont abordé des questions régionales et internationales, la désescalade, la stabilité ainsi que les efforts visant à promouvoir la paix et le développement dans la région, a indiqué sur X le bureau des médias d’Abou Dhabi, sans toutefois faire état d’une quelconque avancée concrète.
Le sommet des BRICS constitue un test de l’influence diplomatique de ce bloc créé en 2009 pour contester un ordre mondial dominé par les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Initialement composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, il s’est élargi à l’Égypte, à l’Éthiopie, à l’Indonésie ainsi qu’à l’Iran et aux Émirats arabes unis.
Les organisateurs du sommet et les diplomates se sont attachés à réduire les divergences entre Téhéran et les Émirats arabes unis, alors même que les États-Unis et l’Iran poursuivent leurs frappes réciproques.
L’Iran a mené plusieurs attaques contre les Émirats arabes unis depuis le début du conflit, la plus récente remontant à la fin août lorsqu’il a visé la base aérienne d’Al Minhad, qui accueille des forces et des hélicoptères américains.
« ESCALADE CONTINUE »
« Nous exprimons notre profonde préoccupation face à l’escalade continue des tensions au Moyen-Orient/Asie occidentale (…) et appelons à faire preuve de la plus grande retenue ainsi qu’à éviter toute action susceptible d’aggraver davantage la situation », indique la déclaration commune des BRICS.
Le texte appelle à la protection des civils, au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, et souligne la nécessité de préserver le commerce mondial, les chaînes d’approvisionnement, les flux énergétiques et la sécurité maritime.
Selon des experts en politique étrangère, le principal défi du bloc consistait à trouver une formulation sur la crise au Moyen-Orient acceptable à la fois pour Abou Dhabi et Téhéran, condition préalable à l’adoption de la déclaration commune.
Une telle déclaration a peu de chances de modifier l’équilibre géopolitique actuel, mais elle traduit une certaine unité au sein du groupe, selon eux.
L’ambassade d’Iran en Inde a publié une photo de la rencontre entre son président et le prince héritier d’Abou Dhabi, Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane, fils aîné du président émirati, sans fournir d’informations sur le contenu de leurs échanges.
« La clé pour mettre fin à la guerre se trouve entre les mains des États-Unis et d’Israël », a déclaré à Reuters Sunjay Sudhir, ancien ambassadeur d’Inde aux Émirats arabes unis.
« Ce que l’Inde a réussi à faire, c’est maintenir ouvertes des discussions difficiles, en montrant que les pays de la région peuvent s’asseoir à la même table, dialoguer par la voie diplomatique et avancer sur les sujets où leurs intérêts convergent. »
EXERCICE D’ÉQUILIBRE DIPLOMATIQUE
Le Premier ministre indien Narendra Modi, hôte du sommet, a déclaré à l’ouverture des travaux que le bloc était arrivé à maturité et qu’il était temps de transformer son unité et son consensus en résultats concrets sur la scène internationale.
Les BRICS cherchent à accroître leur influence en pesant davantage sur les règles internationales et en réclamant une réforme d’institutions telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce, que certains de leurs membres jugent dominés par les puissances occidentales.
Parmi les dirigeants présents figuraient notamment Vladimir Poutine, Xi Jinping et Cyril Ramaphosa.
Le président chinois Xi Jinping a déclaré que les pays des BRICS devaient se tenir du bon côté de l’histoire en orientant l’ordre international vers davantage d’équité et de justice.
Il a également affirmé que la Chine était prête à jouer le « rôle qui lui revient » pour favoriser la paix et la stabilité au Moyen-Orient.
« Les parties concernées doivent rester attachées à un règlement politique et œuvrer à un cessez-le-feu permanent et global », a-t-il déclaré, selon la chaîne publique CCTV.
New Delhi, qui entretient des relations étroites avec les États-Unis, la Russie, Israël, l’Iran et les États arabes du Golfe, poursuit un délicat exercice d’équilibre diplomatique, Narendra Modi exhortant les membres des BRICS à renforcer leur coopération commerciale, à réduire les obstacles et à élargir les opportunités d’affaires.
CTV Info avec Reuters





