Les nouvelles autorités syriennes ont débuté l’élimination des vestiges du programme clandestin d’armes chimiques hérité du régime de Bachar al-Assad, une opération inédite depuis plus de dix ans.
Damas a entrepris la destruction des stocks d’armes chimiques découverts en mai dernier, a annoncé jeudi l’émissaire syrien auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité. Une déclaration confirmée par la Haute-Représentante de l’ONU pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu.
Selon des informations de Reuters publiées en début d’année, les nouvelles autorités syriennes avaient localisé les restes d’un programme d’armement chimique, comprenant des matières premières et des munitions identiques à celles employées lors des attaques au gaz perpétrées par le régime Assad durant la guerre civile.
Une première vérification depuis 2014
Pour la première fois depuis 2014, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a pu vérifier la destruction de munitions chimiques en Syrie, a précisé Mme Nakamitsu devant les membres du Conseil.
À la suite de la découverte initiale en mai, les autorités syriennes ont identifié « un site supplémentaire de production d’armes chimiques » ainsi que « deux dépôts où étaient stockés » des produits utilisés dans la fabrication d’agents neurotoxiques, a-t-elle ajouté.
En juillet dernier, une équipe de l’OIAC s’est rendue en Syrie pour superviser la destruction d’armes de catégorie trois – des munitions non-remplies et des équipements de déploiement. Cette mission a permis de vérifier « la destruction irréversible de 42 bombes aériennes », a indiqué la haute-représentante.
Damas accuse Israël d’entraver les opérations
L’émissaire syrien Ibrahim Olabi a souligné que Damas « protégeait le monde et la région » par ces opérations de désarmement. Il a néanmoins vivement critiqué Israël, affirmant que les frappes répétées de l’État hébreu contre la Syrie avaient « entravé certaines opérations de recherche et de destruction » et mis en danger les équipes syriennes sur le terrain.
« Nous ne pouvons pas préserver la sécurité de la région si notre propre sécurité est exposée aux attaques d’Israël », a-t-il déclaré. En outre, il accuse l’État hébreu de « bafouer la sécurité régionale » et de violer les conventions internationales. L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à ces accusations.
Des poursuites judiciaires en préparation
Par ailleurs, Damas prépare une première audience civile à l’encontre de suspects impliqués dans le programme d’armes chimiques, a annoncé M. Olabi. Les autorités syriennes ont déjà arrêté dix-huit suspects, parmi lesquels figurent d’anciens responsables militaires et politiques de haut rang, accusés d’avoir participé à ce programme clandestin.
Cette opération de destruction marque une étape significative dans les efforts des nouvelles autorités syriennes pour se conformer aux engagements internationaux en matière de désarmement, tout en tournant la page de l’ère Assad.
CTV avec Reuters





