ENFIN ! Les Lionnes Indomptables terrassent la malédiction et s’offrent leur premier sacre africain

Partager sur:

Lionnes indomptables du Cameroun
Crédit photo: Fecafoot

Longtemps placées, jamais couronnées. Trois finales perdues, une malédiction nigériane, des décennies de frustration. 22 ans après leur première finale, ce dimanche 16 août 2026, à Rabat, les Lionnes Indomptables ont pulvérisé l’histoire. Face à un Malawi novice mais héroïque, le Cameroun n’a pas fait dans le détail : 3-0, la manière, la maîtrise, et enfin, le Graal. La première Coupe d’Afrique des nations féminine de leur histoire est là. Et elle ne quittera plus jamais leur vitrine.

Un 3-0 sans appel dès la première mi-temps
Le Cameroun est champion d’Afrique. Écrivez ces mots, relisez-les, imprégnez-vous-en. Ils ont la saveur d’une délivrance. Ils ont le goût amer de toutes ces années à regarder les autres soulever le trophée. Trois finales en 2004, 2014, 2016. Trois fois le Nigeria. Trois fois l’humiliation. Trois fois le même bourreau. Mais ce dimanche 16 août, au Stade Moulay El Hassan de Rabat, plus rien ne ressemblait au passé. Ces Lionnes-là ne sont pas venues pour participer. Elles sont venues pour régner.

La première mi-temps restera comme l’une des plus grandes démonstrations de force de l’histoire du football féminin africain. Dès la 20e minute, Marie Ngah Manga, déjà auteure d’un tournoi exceptionnel, a ouvert le score sur un centre anodin, profitant d’une sortie de la gardienne malawite Mercy Sikelo. Le ballon a roulé au fond des filets comme un symbole. Celui d’une chance qui tourne enfin. À la 29e, la pépite Naomi Eto, 20 ans, les jambes en feu et la tête froide, a doublé la mise sur une reprise décroisée. Un geste technique chirurgical, une froideur de tueuse. Et pour finir le travail, juste avant la pause, à la 45+3, Ngah Manga a planté son doublé. 3-0 à la mi-temps. Le Malawi était K.-O. La coupe était déjà camerounaise.

Michaely Bihina, la muraille et un destin repêché
Derrière ce score fleuve, il y a une muraille qui porte un nom : Michaely Bihina. Impériale, souveraine, infranchissable. Élue meilleure gardienne du tournoi, elle a enchaîné un troisième clean sheet consécutif en phase finale, réduisant à l’impuissance le duo Chawinga. Devant elle, une défense de granit a fait le reste. Les Lionnes n’ont pas subi, elles ont contrôlé, elles ont dicté, elles ont imposé leur loi.

Et pourtant, il y a dans ce sacre une ironie magnifique. Ces Lionnes n’étaient même pas qualifiées au départ. Elles ont été repêchées grâce à l’élargissement du tournoi de 12 à 16 équipes. En quarts de finale, elles ont terrassé le Nigeria, le bourreau de toujours. 1-0, un score lourd de symboles. En demi-finales, elles ont fait plier le Maroc, pays hôte, aux tirs au but. Deux cadavres exquis sur leur route.

Liesse nationale et cap sur le Mondial
À Douala, à Yaoundé, dans les quartiers populaires comme dans les salons feutrés, l’explosion de joie a été fulgurante. Des milliers de Camerounais ont envahi les rues, drapeaux en main, klaxons hurlants, larmes aux yeux. Une liesse populaire comme on n’en avait plus connue depuis la CAN masculine de 2017. Le président de la Fédération, Samuel Eto’o, présent en tribunes à Rabat, les yeux rouges d’émotion, n’a pas tari d’éloges : « Ces filles sont entrées dans la légende. Elles ont transformé le plomb en or. »

Au-delà du trophée, cette victoire ouvre les portes de la Coupe du monde 2027 au Brésil. Ce titre, c’est une revanche sur les années de vache maigre, sur le mépris parfois affiché, sur les moyens dérisoires. Ces Lionnes ont prouvé que le football féminin camerounais existe, qu’il a du talent, qu’il a du caractère. Elles ne sont plus des éternelles secondes. Elles sont championnes d’Afrique. Point final.

Hommage au Malawi et chute
Pour le Malawi, cette finale restera gravée dans le marbre de son histoire. 153e nation mondiale, première finale de l’histoire. Les Scorchers repartent avec les honneurs de la bravoure, avec une médaille d’argent qui brille comme de l’or, et avec une qualification historique pour le Mondial.

La malédiction est morte au Stade Moulay El Hassan. Elle est morte sous les coups de boutoir de Marie Ngah Manga, sous la vista de Naomi Eto, sous les arrêts de Michaely Bihina. Elle est morte parce que cette génération a refusé de plier. Le football féminin africain a une nouvelle reine. Et cette reine, elle rugit en français, en pidgin, en bamiléké, en douala, dans toutes les langues d’un pays enfin libéré. Ce soir, le Cameroun est champion. Enfin.

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Retour en haut