Gianni Infantino organise une réunion de crise au Maroc

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PHOTO D’ARCHIVES : 50e Congrès ordinaire de l’UEFA
PHOTO D’ARCHIVES : Football – 50e Congrès ordinaire de l’UEFA – Brussels Expo, Bruxelles, Belgique – 12 février 2026. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, prend la parole lors de l’événement. REUTERS/Benoit Tessier/File Photo

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, devait tenir mercredi au Maroc une réunion de crise avec les hauts responsables de l’instance dirigeante du football mondial pour tenter de consolider sa position après l’échec de son projet visant à céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde.

Football – Coupe arabe – Groupe C – Arabie saoudite contre Jordanie – Stade Education City, Al Rayyan, Qatar – 1er décembre 2021. Le prince Ali bin Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, est aperçu dans les tribunes aux côtés du président de la FIFA, Gianni Infantino. REUTERS/Ibraheem Al Omari

Gianni Infantino est sous le feu des critiques depuis qu’il a présenté sa proposition de créer une nouvelle entité chargée d’organiser les compétitions de la Fifa – dont la Coupe du monde – et d’en céder environ 20% pour lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. Joshua Kushner, le frère du gendre de Donald Trump, figurait parmi les investisseurs privés liés à ce projet.

L’annonce de l’abandon du projet, vendredi, n’a pas calmé ses détracteurs, notamment l’instance dirigeante du football européen, l’UEFA, qui a accusé la Fifa de vendre « l’âme » du football et déclaré ne plus avoir confiance en Gianni Infantino.

La controverse intervient à un moment délicat pour le dirigeant, âgé de 56 ans, qui a annoncé en avril son intention de briguer un quatrième mandat à la tête de la Fifa et dont la réélection lors d’un congrès qui se tiendra au Maroc en mars 2027 semblait acquise il y a deux mois.

La réunion de mercredi au siège africain de la Fifa, dans la ville marocaine de Salé qui fait face à la capitale Rabat, doit en premier lieu garantir à Gianni Infantino qu’il reste en poste au moins jusqu’à l’élection.

À court terme, sa principale préoccupation est en effet d’éviter la convocation d’un Congrès extraordinaire, lequel serait déclenché si au moins 43 associations membres de la Fifa en faisaient officiellement la demande par écrit.

Selon un article publié lundi dans The Times, l’UEFA, la CONCACAF – qui administre le football en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans les Caraïbes – et la Confédération asiatique de football (AFC) sont déterminées à contraindre Gianni Infantino à quitter ses fonctions en paralysant la Fifa, voire en lançant leurs propres compétitions s’il refuse de partir.

LA BASE D’UN POUVOIR CONSTRUITE HORS D’EUROPE

Cinq fédérations européennes ont officiellement retiré leur soutien à Gianni Infantino et le secrétaire général de la Fifa, le Suédois Mattias Grafström, a pris ses distances avec lui en déplorant mardi une « triste et répréhensible série d’événements » ayant conduit à l' »abandon définitif » du projet.

Ses propos ont fait écho à ceux du directeur des opérations de la Fifa, Kevin Lamour, qui a déclaré la semaine dernière que le personnel de la fédération avait été « trompé » au sujet de ce qu’il a qualifié de « projet d’un seul homme ».

Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a en outre démissionné la semaine dernière en signe de protestation contre ce projet.

Gianni Infantino passe la semaine au Maroc, pays qui co-organisera la prochaine Coupe du monde en 2030 et dont la fédération de football a déjà annoncé qu’elle continuait à le soutenir.

Les fédérations du Qatar, du Koweït, du Liban et du Sri Lanka ont elles aussi jusqu’à présent réaffirmé publiquement leur soutien au dirigeant italo-suisse, à la tête de la Fifa depuis 2016 et qui souhaite rester en fonction jusqu’en 2031.

Il a en outre reçu mardi l’appui de plusieurs fédérations africaines influentes : Egypte, Niger, Mauritanie ou encore République démocratique du Congo.

Comme ses deux prédécesseurs à la présidence de la Fifa, Joao Havelange et Sepp Blatter, Gianni Infantino a construit sa base de pouvoir en dehors de l’Europe, où les fédérations les moins fortunées dépendent des financements de la Fifa pour assurer leur fonctionnement, nourrissant ça et là des soupçons de clientélisme.

211 ASSOCIATIONS VOTERONT EN 2017

C’est auprès de ces associations que son projet controversé a été défendu, avec la promesse d’un versement compris entre 20 et 40 millions de dollars dès le début de l’année prochaine pour chaque fédération nationale soutenant le dispositif.

Les principaux dirigeants du football africain ont adressé des messages de soutien à Gianni Infantino, qui cherche à obtenir l’appui des 54 membres du continent, mais la Confédération africaine de football (CAF) n’a pas encore pris position.

Le nombre de fédérations ayant pris publiquement position demeure limité alors que 211 associations nationales voteront lors du Congrès de mars 2017.

Les adversaires de Gianni Infantino devront désormais trouver, avant la date limite du 18 novembre pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle de la Fifa, une personnalité capable de répondre aux attentes des fédérations les plus modestes tout en rassemblant également les associations plus prospères des bastions historiques du football.

S’ils gardent l’espoir d’évincer Gianni Infantino, c’est aussi parce qu’ils sont persuadés de pouvoir s’appuyer sur les controverses nées de l’organisation de la dernière Coupe du monde en Amérique du Nord et notamment des liens qu’il a entretenus avec le président américain, Donald Trump.

(Reportage Rohith Nair, Ian Ransom, Tim Hart et Suramya Kaushik, rédigé par Nick Mulvenney, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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