Au moins 53 personnes ont été tuées et plus de 130 blessées après un puissant séisme de magnitude 7,7 qui a frappé samedi l’est de l’Indonésie. Environ 5 000 personnes ont dû évacuer leurs habitations, tandis que les répliques et les glissements de terrain compliquent les opérations de recherche et de secours.
Dans la région de Sikka, l’une des plus durement touchées, plus de 3 300 personnes ont quitté leurs maisons, certaines par leurs propres moyens, d’autres ayant trouvé refuge dans un complexe sportif, selon l’Agence nationale indonésienne de gestion des catastrophes (BNPB).
Des habitants dont les maisons se sont effondrées ont passé la nuit sous des abris de fortune. D’autres ont été pris en charge sous des tentes installées à proximité de l’hôpital local. Les autorités font état de nombreuses blessures, notamment des fractures.
Près d’un millier de répliques
À Maumere, le port a été fermé après l’effondrement de plusieurs structures. Dans les rues jonchées de débris, les habitants restent sur leurs gardes, redoutant de nouvelles secousses.
Près d’un millier de répliques ont été enregistrées depuis le séisme, selon les autorités chargées de la gestion des catastrophes. Ces secousses, auxquelles s’ajoutent plusieurs glissements de terrain, ralentissent les opérations de secours.
Des centaines de personnes ont trouvé refuge dans un stade transformé en centre d’évacuation. À la tombée de la nuit, elles faisaient la queue pour recevoir des boissons chaudes. Des mères tentaient de recréer un semblant de vie quotidienne, improvisant notamment des berceaux pour leurs bébés à l’aide de vêtements et de structures de tentes. Des enfants, eux, jouaient au football à l’extérieur.
Lisda, 22 ans, a choisi de rester sous une tente avec ses jumeaux, par crainte de regagner son domicile. Sous une autre tente, Yuvienta Saen, 67 ans, raconte avoir vécu le tremblement de terre alors qu’elle priait le matin. Face à l’urgence, elle a dû choisir entre se mettre à l’abri et porter secours à son mari paralysé.
« Il m’a dit : “Cours, je remets mon destin entre les mains de Dieu” », a-t-elle raconté à Reuters, déplorant également le manque d’eau potable et de couvertures.
Un traumatisme ravivé
La catastrophe ravive de douloureux souvenirs dans cette région déjà frappée par un puissant séisme en 1992. D’une magnitude de 7,5, celui-ci avait causé d’importants dégâts.
« Nous avons souvent connu des tremblements de terre. Mais celui-ci ravive vraiment le traumatisme de celui de 1992 », a déclaré Margaretha Movaldes Da Maga Bapa, responsable régionale de la gestion des catastrophes.
Les équipes de secours concentrent leurs efforts sur les zones les plus touchées de Manggarai, East Manggarai et Nagekeo. Leur priorité : dégager les décombres à la recherche d’éventuelles personnes encore ensevelies.
Aucun signalement de personne portée disparue n’a, pour l’heure, été enregistré. Mais les glissements de terrain et les répliques continuent de compliquer les recherches.
Plus de 3 500 militaires et policiers mobilisés
Face à l’ampleur des dégâts, plus de 3 500 militaires et policiers ont été déployés dans la région, a annoncé le secrétaire du Cabinet, Teddy Indra Wijaya.
L’approvisionnement en électricité a été presque entièrement rétabli. Des équipes poursuivent toutefois les réparations sur le réseau de distribution, selon la compagnie publique Perusahaan Listrik Negara.
Le gouvernement de la province de Nusa Tenggara oriental a, de son côté, décrété l’état d’urgence. Cette mesure doit permettre aux autorités de mobiliser plus rapidement les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires aux opérations de secours.
Située sur la « ceinture de feu du Pacifique », l’Indonésie est particulièrement exposée aux séismes et aux éruptions volcaniques.
Cet immense archipel de quelque 290 millions d’habitants se trouve à la jonction de plusieurs plaques tectoniques, ce qui en fait l’une des régions les plus sismiquement actives au monde.
CTV & Reuters





