Les Zambiens votent ce jeudi 13 août 2026 pour élire leur président, leurs députés et leurs représentants locaux. Au pouvoir depuis 2021, le président sortant Hakainde Hichilema part avec le statut de favori, mais son bilan économique est confronté à une préoccupation majeure des électeurs : la hausse du coût de la vie.

Les bureaux de vote ont ouvert à 06h00, heure locale, et doivent fermer à 18h00. La Commission électorale de Zambie (ECZ) prévoit la proclamation des résultats présidentiels à partir du lundi 17 août.
Cette élection constitue un nouveau test pour Hakainde Hichilema, 64 ans, élu en 2021 après avoir battu le président sortant Edgar Lungu. Candidat du United Party for National Development (UPND), il sollicite un deuxième mandat de cinq ans.
Le bilan économique au centre de la campagne
Durant la campagne, Hichilema a largement mis en avant les résultats obtenus sur le front économique. Son gouvernement a notamment piloté la restructuration de la dette extérieure de la Zambie, après le défaut de paiement du pays sur sa dette souveraine en 2020, dans le contexte de la crise liée à la pandémie de Covid-19.
Le président sortant défend également les efforts engagés pour stabiliser l’économie, attirer les investissements et relancer la croissance. La Zambie, premier producteur africain de cuivre, mise notamment sur ce secteur stratégique pour soutenir ses recettes et son développement.
Mais, dans les rues, le discours économique du gouvernement ne suffit pas toujours à convaincre. Le chômage, le prix des produits alimentaires et les difficultés liées à l’approvisionnement en électricité figurent parmi les principales préoccupations des électeurs. Ces difficultés pourraient peser sur le vote en faveur du président sortant.
Brian Mundubile, principal adversaire
Face à Hichilema, Brian Mundubile apparaît comme l’un des principaux challengers. Parlementaire expérimenté, il se présente pour la première fois à une élection présidentielle et porte les couleurs de la Tonse Alliance, une coalition de formations de l’opposition.
Sa candidature bénéficie notamment du soutien d’une partie des anciens partisans d’Edgar Lungu, prédécesseur de Hichilema, décédé en 2025. L’opposition cherche ainsi à capitaliser sur le mécontentement lié à la situation économique et à contester la domination du parti présidentiel.
Mundubile n’est toutefois pas le seul adversaire du président sortant. Treize candidats sont en lice pour la présidentielle, ce qui pourrait fragmenter le vote de l’opposition. Parmi les autres figures engagées figurent notamment Fred M’membe et Harry Kalaba.
Un scrutin à plus de 50 %
La présidentielle zambienne se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit recueillir plus de 50 % des suffrages valides.
Si aucun prétendant n’atteint ce seuil, les deux candidats arrivés en tête s’affronteront lors d’un second tour. La Constitution prévoit que celui-ci se tienne dans un délai maximal de 37 jours après le premier scrutin.
Les électeurs ne votent pas uniquement pour le président. Des élections législatives et locales sont également organisées le même jour, faisant de ce scrutin un rendez-vous politique majeur pour l’avenir de la Zambie.
Une élection sous surveillance
Au-delà du duel entre Hichilema et ses adversaires, le scrutin est également observé pour ses enjeux démocratiques. L’opposition a exprimé des inquiétudes concernant les conditions de compétition politique et l’utilisation présumée des institutions publiques à des fins politiques. La Zambie est actuellement considérée comme une démocratie « partiellement libre » par Freedom House.
Le vote de ce jeudi doit donc permettre aux quelque 8 millions d’électeurs inscrits de décider s’ils souhaitent prolonger le mandat de Hakainde Hichilema ou ouvrir une nouvelle séquence politique.
Enjeu central de cette présidentielle : le bilan économique du président sortant sera-t-il suffisamment convaincant pour l’emporter face au mécontentement provoqué par le coût de la vie et à une opposition qui tente de se rassembler ?
Les premières tendances seront suivies avec attention avant la proclamation officielle des résultats prévue le 17 août.
CTV avec Reuters





