Liban : 12 morts, dont deux enfants, dans des frappes israéliennes sur un village du sud

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Des frappes israéliennes tuent au moins 12 personnes, dont deux enfants

L’armée israélienne a frappé durement le village de Kfar Remmane, lundi 7 septembre, faisant au moins 12 victimes, parmi lesquelles deux enfants. Un drame survenu à l’heure de la rentrée scolaire, sans aucun avertissement préalable.

Le drame de Kfar Remmane : une frappe en pleine heure de rentrée

Le sud du Liban vient de connaître l’une de ses journées les plus meurtrières depuis plusieurs semaines. Dans la matinée de lundi, des frappes israéliennes ont rasé un immeuble résidentiel à Kfar Remmane. Le bilan est lourd : 11 morts dans ce seul bâtiment, dont deux enfants et quatre femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Une autre frappe, menée cette fois par un drone, a visé un véhicule civil dans la même localité, tuant un secouriste. Au total, ce sont 12 vies qui ont été fauchées en quelques heures.

Des journalistes de Reuters présents sur place décrivent une scène de désolation : des manuels scolaires éparpillés dans les gravats, des cartables écrasés sous le béton. L’attaque est intervenue juste avant l’heure de la classe, alors que les enfants s’apprêtaient à rejoindre l’école.

 « Quel était leur objectif ? » : la colère d’une famille brisée

Parmi les victimes figurent les grands-parents et la mère du petit Mustafa Farhat, âgé de 8 ans. Un drame insoutenable pour sa famille, dévastée par la perte de trois proches en un instant. Mona Farhat, parente des défunts, a lancé une charge émotionnelle forte auprès de Reuters : « Quelle était leur cible ? Quel est leur objectif ? Veulent-ils que nous quittions notre terre ? Ils se trompent. »

Un témoignage qui résume l’effroi et l’incompréhension des habitants, d’autant qu’aucune alerte ni ordre d’évacuation n’avait été diffusé par l’armée israélienne en amont des frappes.

Tsahal se justifie : « Nous examinons les informations »

De son côté, l’armée israélienne affirme avoir visé des individus aperçus en train de transférer des armes dans les environs de Kfar Remmane. Elle précise avoir utilisé des munitions de précision et une surveillance aérienne pour limiter les dommages collatéraux.

Face aux critiques, Tsahal ajoute qu’elle « examine les informations » faisant état de victimes civiles. Une déclaration qui peine toutefois à calmer la colère sur le terrain, alors que les bombardements s’intensifient dans la région.

Un contexte régional toujours explosif

Ces nouvelles frappes interviennent malgré le cessez-le-feu conclu en juin sous l’égide des États-Unis. Si ce dernier avait entraîné une baisse notable des violences, les troupes israéliennes, qui occupent de larges portions du sud du Liban, continuent de raser des villages dans leur zone dite de « sécurité ».

 Le bilan humain depuis le 2 mars est déjà catastrophique : plus de 4 300 Libanais ont perdu la vie depuis le début des hostilités, déclenchées par des tirs de roquettes du Hezbollah en riposte aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

 Une escalade redoutée dans les prochaines semaines

Les tensions restent vives autour de la colline stratégique d’Ali Taher, où Tsahal affirme avoir chassé les combattants du Hezbollah. Depuis, les frappes se multiplient sur les localités voisines, y compris celles où les habitants étaient récemment revenus.

Des responsables libanais de la sécurité confient à Reuters qu’ils s’attendent à une aggravation de la situation dans le sud du pays dans les jours à venir. Une perspective inquiétante pour des populations déjà prises en étau entre les bombardements et l’insécurité chronique.

CTV Info avec Reuters

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