Le président ukrainien Volodimir Zelensky met en garde contre la tenue d’élections alors que la guerre avec la Russie se poursuit. Selon lui, organiser un scrutin sans cessation majeure des hostilités risquerait de « détruire » le pays en accentuant les divisions au sein de la société.
« Si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons nous diriger vers des élections en ces temps de guerre », a déclaré le chef de l’État, dans sa première réaction publique à l’appel lancé par son ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov.
Un scrutin jugé impossible en l’état
La législation ukrainienne interdit actuellement la tenue d’élections sous la loi martiale. Au-delà de cet obstacle juridique, un scrutin poserait d’importantes difficultés pratiques : sécurité des électeurs sous les bombardements russes, participation des militaires mobilisés, vote dans les territoires occupés et organisation du scrutin pour les millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger.
Cette position bénéficie d’un soutien majoritaire dans l’opinion. Selon un sondage de l’Institut international de sociologie de Kyiv publié le 5 août, 57 % des Ukrainiens souhaitent que les élections soient organisées après la fin de la guerre.
L’appel à des élections avait été lancé mardi par Mykhaïlo Fedorov, limogé de son poste de ministre de la Défense en juillet. Il invoquait notamment la corruption et une « crise de gouvernance ».
Son éviction avait provoqué des manifestations à Kyiv, avant que le Parlement ne confirme, le 19 août, la nomination de Yevhenii Khmara au ministère de la Défense.
Pour Zelensky, la priorité reste donc la fin du conflit et la préservation de la souveraineté ukrainienne. « Des élections aujourd’hui seraient un tsunami pour l’État, qui diviserait l’Ukraine », a-t-il martelé.
Une pression militaire toujours forte
Sur le front, le président ukrainien affirme que la Russie pourrait mobiliser 300 000 soldats supplémentaires après ses élections législatives de septembre, avant d’atteindre potentiellement un objectif de 500 000 hommes supplémentaires en 2027.
Moscou chercherait également à renforcer sa capacité de production de missiles balistiques. Face à cette menace, Kyiv fait état d’une pression croissante sur ses capacités de défense aérienne.
L’Ukraine prévoit de recevoir cette année 264 missiles intercepteurs, contre 364 en 2025 et 675 en 2023. Le pays compte notamment sur le soutien de la France et de l’Allemagne pour renforcer ses systèmes de défense antiaérienne.
Alors que le débat politique gagne en intensité à Kyiv, Zelensky défend ainsi une ligne claire : pas d’élections tant que les conditions de sécurité et de souveraineté ne permettent pas un scrutin jugé libre, sûr et légitime.
CTV & Reuters





