Donald Trump va encore fustiger le vote par correspondance

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Le président américain Donald Trump se rend en Irlande
Le président américain Donald Trump assiste à l’Amgen Irish Open 2026, au Trump International Golf Links de Doonbeg, dans le comté de Clare, en Irlande, le 13 septembre 2026. REUTERS/Cathal McNaughton

Le rejet par la Cour suprême des États-Unis d’une tentative de Donald Trump de restreindre le vote par correspondance ne devrait pas mettre fin aux attaques du président contre ce mode de scrutin, selon des défenseurs du droit de vote et des responsables électoraux, qui se disent toutefois désormais plus confiants quant au fait que ces manœuvres ne perturberont pas les élections de mi-mandat de novembre.

« J’avais plus peur il y a un an qu’aujourd’hui », a déclaré Hannah Fried, directrice générale de All Voting Is Local, une association de défense du droit de vote, après la décision de la Cour suprême rendue lundi.

Hannah Fried s’attend toutefois à ce que Donald Trump continue d’affirmer à tort que le vote par correspondance est exposé à une fraude généralisée, une allégation que les responsables électoraux et les tribunaux ont à plusieurs reprises jugée non étayée par des preuves.

Dans un message publié mardi sur son réseau Truth Social pour critiquer la décision de la Cour suprême, Donald Trump a évoqué le « désastre » d’un vote par correspondance « totalement CORROMPU et hors de contrôle ».

La nouvelle réglementation que défendait le locataire de la Maison blanche aurait obligé les États à fournir des données spécifiques aux électeurs et à utiliser des enveloppes de vote par correspondance approuvées par le service postal dont le suivi aurait été assuré à l’aide de codes-barres.

Le service postal aurait alors pu refuser d’envoyer des bulletins non conformes aux nouvelles normes ou associés à des électeurs ne figurant pas sur les listes.

Le vote par correspondance est profondément ancré dans les habitudes électorales des Américains. Quelque 47 millions de personnes, soit environ 32% de l’électorat, ont voté par correspondance lors du scrutin de 2024, selon la Commission d’assistance aux élections des États-Unis.

À l’échelle nationale, le vote par correspondance favorise les démocrates : 37% d’entre eux – contre 24% seulement des républicains – y ont eu recours en 2024, selon le Laboratoire des données et des sciences électorales du MIT.

« IL PEUT FAIRE TOUTES LES DÉCLARATIONS QU’IL VEUT »

David Becker, directeur exécutif du Centre pour l’innovation et la recherche électorales (Center for Election Innovation and Research), un organisme non partisan, estime que les attaques de Donald Trump contre le vote par correspondance ont entraîné des difficultés inutiles pour les responsables des élections au niveau local, mais il souligne que les primaires organisées cette année se sont déroulées sans heurts.

Interrogé sur le risque que la rhétorique du président provoque des perturbations dans le processus électoral, il a déclaré : « Je suis en fait plutôt confiant que ce ne sera pas le cas. »

Celina Stewart, directrice générale de la Ligue des électrices (League of Women Voters), a souligné que le personnel et les bénévoles de l’organisation étaient en contact avec des électeurs dans les 50 États et que, si les attaques de Donald Trump contre le vote par correspondance avaient un effet, c’était plutôt d’inciter davantage de personnes à planifier concrètement leur participation au scrutin, que ce soit par courrier ou en personne.

Matt Dole, stratège républicain dans l’Ohio, a déclaré qu’il n’anticipait pas d’accusations massives de fraude lors des élections de mi-mandat malgré la rhétorique du président.

Selon Lisa Brown, principale responsable de l’organisation des élections dans le comté d’Oakland (Michigan), la principale préoccupation des électeurs est simplement de savoir si le vote par correspondance restera possible, et non sa légitimité.

Interrogée sur la possibilité que Donald Trump ait préparé le terrain pour dénoncer une fraude en novembre si le parti républicain perdait le contrôle de l’une ou des deux chambres du Congrès, elle a rappelé que ses précédentes accusations n’avaient jamais été étayées.

« Il a affirmé qu’il y avait eu fraude en 2020. Cela n’a jamais été prouvé. Cette élection s’est déroulée de manière précise, sécurisée et équitable », a déclaré Lisa Brown. « Il peut faire toutes les déclarations qu’il veut. Cela ne change en rien la sécurité et la précision de notre processus. »

CTV Info avec Reuters

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