Le ministère finlandais des Affaires étrangères a convoqué, vendredi, l’ambassadeur de Russie à Helsinki afin d’obtenir des éclaircissements sur le survol suspect de son espace aérien par un avion de reconnaissance militaire russe, survenu la veille dans le golfe de Finlande.
Selon les informations communiquées plus tôt dans la journée par les gardes-frontières finlandais, l’appareil incriminé, un Iliouchine IL-20, spécialisé dans la guerre électronique et la collecte de renseignements, a été détecté jeudi après-midi au-dessus de la partie occidentale du golfe de Finlande.
L’incident, qualifié de « violation présumée » par les autorités, aurait duré environ trois minutes. L’avion se serait aventuré jusqu’à 4,7 milles marins (soit 8,7 kilomètres) à l’intérieur des eaux territoriales finlandaises, une pénétration jugée significative par les observateurs.
Dans la foulée de cet événement, les gardes-frontières ont annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée au parquet, afin de déterminer les circonstances exactes de cette intrusion. Celle-ci vise à établir si le pilote a agi sur ordre délibéré ou s’il s’agit d’une erreur de navigation, hypothèse rarement retenue pour ce type de missions de renseignement.
Aucune réaction immédiate du côté russe
Joint par l’agence Reuters, l’ambassade de Russie à Helsinki n’avait, en fin de journée, pas encore répondu aux sollicitations. Cette convocation diplomatique intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, exacerbé par l’adhésion de la Finlande à l’OTAN en avril 2023, qui a doublé la longueur de la frontière directe de l’Alliance avec la Russie.
Ce n’est pas la première fois que Helsinki dénonce ce type d’incartades. Au cours des derniers mois, les autorités finlandaises ont déjà signalé plusieurs survols suspects dans la région de Porkkala, au large du golfe. En mai et juin derniers, deux autres appareils militaires russes avaient été épinglés pour des manœuvres similaires, ce qui avait valu à Moscou des notes de protestation formelles de la part du gouvernement finlandais.
Si l’enquête préliminaire confirme la nature intentionnelle de la violation, la Finlande pourrait durcir le ton sur le plan diplomatique, voire solliciter une réunion d’urgence au sein du Conseil de partenariat OTAN-Russie, bien que ce canal soit actuellement gelé depuis le début du conflit en Ukraine.
L’affaire pourrait également alimenter le débat sur le renforcement de la surveillance aérienne dans la région stratégique de la mer Baltique, que les alliés occidentaux surveillent de très près.
CTV & Reuters





