Un entrepôt Ozon endommagé par des drones à Samara

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Un entrepôt du distributeur Ozon ciblé par les drones ukrainiens

Dans une escalade notable des frappes transfrontalières, un site industriel et un centre logistique du géant russe de la vente en ligne Ozon ont été visés dans la nuit de vendredi à samedi par des drones ukrainiens, dans l’oblast de Samara, à quelque 850 kilomètres au sud-est de Moscou. L’attaque, confirmée par les autorités locales, a fait plusieurs blessés et contraint l’entreprise à suspendre ses activités sur ce site stratégique.

Le gouverneur de la région, Viatcheslav Fedorichtchev, a annoncé sur Telegram que des « installations industrielles » avaient été endommagées, sans toutefois préciser leur nature. Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’un entrepôt de l’un des principaux pôles logistiques d’Ozon, situé à Tchapaïevsk, ville industrielle de l’ouest de l’oblast.

L’entreprise, deuxième acteur du e-commerce russe derrière Wildberries, a confirmé l’interruption de ses opérations sur ce site et fait état de blessés parmi son personnel, sans dévoiler leur nombre ni leur état.

Parallèlement, l’armée ukrainienne a revendiqué une frappe contre la raffinerie de Novokouibichevsk, complexe pétrolier majeur de la même région, provoquant un incendie dont l’ampleur n’a pas été immédiatement précisée.

Cette installation, située à une vingtaine de kilomètres de Samara, fait partie d’un réseau de raffineries déjà ciblées à plusieurs reprises par Kiev ces derniers mois, dans le cadre d’une campagne visant à affaiblir les capacités énergétiques et logistiques de la Russie.

Cet assaut intervient alors que les frappes de drones ukrainiens s’intensifient contre les infrastructures civiles et militaires russes. C’est la première fois qu’Ozon est directement pris pour cible, après des semaines de raids répétés contre les entrepôts de son concurrent Wildberries, dont plusieurs centres ont été endommagés ou détruits dans des régions proches de la frontière. Cette nouvelle tactique, qui étend la menace aux profondeurs du territoire russe, soulève des questions sur la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et la sécurité des sites logistiques, pourtant éloignés du front.

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté et abattu pas moins de 457 drones ukrainiens au cours de la seule nuit de vendredi à samedi, un chiffre record qui témoigne de l’ampleur des offensives aériennes menées par Kyiv.

Si cette annonce n’a pu être vérifiée de manière indépendante, elle suggère une multiplication des tentatives de pénétration dans l’espace aérien russe, obligeant les forces de défense à déployer des moyens considérables pour contrer ces vagues de drones.

La région de Samara, qui abrite plusieurs sites pétrochimiques et raffineries, est devenue ces dernières semaines un objectif récurrent des forces ukrainiennes, en cherchant à perturber l’approvisionnement en carburant de l’armée russe et à exercer une pression psychologique sur la population civile.

Les autorités locales ont appelé au calme et assuré que les services de secours étaient pleinement mobilisés pour maîtriser les conséquences de ces frappes.

Cette attaque inédite contre un acteur majeur du commerce en ligne russe marque un tournant dans la stratégie de Kiev, qui semble désormais cibler des symboles économiques et logistiques, au-delà des seules infrastructures énergétiques.

Elle intervient alors que les tensions restent vives sur le terrain, et que les appels à une désescalade restent lettre morte, en l’absence de toute perspective de négociation entre les belligérants.

 CTV & Reuters

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