La Fédération française de football (FFF) a annoncé jeudi qu’elle retirait son soutien au président de la Fifa Gianni Infantino, candidat à sa réélection en mars prochain et mis sous pression par plusieurs fédérations et confédérations en raison de sa gouvernance.

La position de la FFF, annoncée par son président Philippe Diallo à l’issue d’une réunion de son comité exécutif, fait notamment suite au projet avorté cet été de Gianni Infantino de céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
« Avec mes collègues du comité exécutif, nous considérons que la confiance placée dans le président de la Fifa a été rompue, (…) et c’est la raison pour laquelle, à l’unanimité de ses membres, la Fédération française de football a décidé de retirer son soutien à la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la Fifa », a déclaré Philippe Diallo lors d’un point de presse.
Président de la Fifa depuis 2016, Gianni Infantino est le seul candidat connu à sa réélection lors du scrutin du 18 mars prochain. Mais le dirigeant de 56 ans est mis sous pression depuis fin juillet.
Quelques jours après la fin de la Coupe du monde 2026, celui-ci avait proposé de céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Face au tollé mondial, et notamment la menace d’un boycott du Mondial brandie par l’UEFA, le projet avait finalement été abandonné quatre jours plus tard.
Depuis, plusieurs confédérations ont vivement critiqué Gianni Infantino, jugeant sa gouvernance opaque, tandis que de nombreuses fédérations nationales, principalement européennes, ont retiré leur soutien à sa réélection, à l’instar de l’Angleterre, de l’Italie ou de la Belgique.
CONDITIONS « BOULEVERSÉES »
Philippe Diallo, le président de la FFF, a rappelé jeudi qu’il avait dans un premier temps soutenu Gianni Infantino fin juin.
« À partir du mois de juillet, les raisons qui nous avaient amenés à soutenir sa candidature et les conditions dans lesquelles nous l’avions matérialisée ont été bouleversées. Les conditions de notre soutien à sa candidature n’étaient désormais plus réunies », a-t-il expliqué.
« Au cours de la Coupe du monde, un certain nombre d’événements touchant au cœur de notre activité, c’est-à-dire le sport, ont contrevenu de manière flagrante à la façon dont nous envisageons la façon dont notre sport doit être régi. »
« Ces initiatives pendant la Coupe du monde et après la Coupe du monde ont nui gravement à l’image du football et à l’unité du football », a ajouté Philippe Diallo.
Le président de la FFF a regretté que l’annonce sur le projet abandonné de société commerciale ait été faite « sans consultation et sans aucune information ».
« Dès ce moment-là, j’ai pris la parole pour dire que ce projet me semblait soulever beaucoup d’interrogations et même des inquiétudes », a-t-il poursuivi. « Aussi bien sur la forme, sur le processus de décision que sur le fond, je me suis opposé à ce projet. »
Gianni Infantino conserve toujours le soutien des confédérations sud-américaine (CONMEBOL) et africaine (Caf).
CTV Info avec Reuters





