L’Érythrée a demandé samedi 10 octobre 2026 au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des mesures contre l’Éthiopie, qu’elle accuse de préparer une agression. Les tensions frontalières ravivent les craintes d’un nouveau conflit entre les deux pays de la Corne de l’Afrique.
Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, a réclamé des mesures dissuasives contre Addis-Abeba. Il estime que les accusations éthiopiennes d’incursion militaire équivalent à une « déclaration de guerre ».
L’Érythrée dément avoir envoyé des troupes sur le territoire éthiopien, tandis que Reuters indique ne pas avoir pu vérifier ces accusations de manière indépendante.
Vendredi, l’Éthiopie avait affirmé que des soldats érythréens avaient avancé jusqu’à 60 kilomètres à l’intérieur du Tigré, dans le nord du pays, et prévenu qu’elle se réservait le droit de se défendre.
Sur le terrain, les tensions se sont accentuées autour d’Adigrat, ville stratégique proche de la frontière érythréenne.
Des habitants ont indiqué à Reuters que les forces gouvernementales éthiopiennes et leurs milices alliées étaient entrées dans la ville samedi, après plusieurs jours d’affrontements et de frappes signalées dans la zone.
L’accès à la mer, au cœur des tensions
Au-delà des accusations militaires, le différend est alimenté par la volonté de l’Éthiopie, pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, de retrouver un accès à la mer.
Addis-Abeba affirme privilégier la voie du dialogue, mais Asmara considère certaines déclarations éthiopiennes sur un accès souverain à la mer comme une menace.
Les deux pays avaient signé un accord de paix en 2018, après des années d’hostilité. L’Érythrée avait ensuite soutenu le gouvernement fédéral éthiopien durant la guerre du Tigré, de 2020 à 2022. Mais leurs relations se sont de nouveau détériorées.
L’Éthiopie accuse également l’Érythrée de soutenir une alliance rebelle active dans plusieurs régions du nord du pays.
Asmara rejette ces accusations.
La nouvelle escalade intervient alors que la région reste fragilisée par plusieurs conflits. La démarche érythréenne auprès de l’ONU souligne désormais le risque d’une confrontation ouverte entre les deux voisins, dont la dernière guerre du Tigré a laissé de profondes séquelles humaines.
CTV Info avec Reuters





