Donald Trump autorise des sociétés privées à mener des cyberattaques

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Dîner de la WHCA à Washington
Le président américain Donald Trump porte une casquette « Trump 2028 » alors qu’il prononce un discours lors du dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA), qui avait été reporté depuis avril après avoir été interrompu lorsqu’un homme avait tenté de forcer le périmètre de sécurité et tiré avec un fusil de chasse, à l’hôtel Waldorf Astoria de Washington, D.C., aux États-Unis, le 24 juillet 2026. REUTERS/Jonathan Ernst

Donald Trump a signé mercredi un mémorandum présidentiel sur la sécurité nationale autorisant les sociétés de cybersécurité à surveiller et neutraliser des réseaux criminels étrangers.

Donald Trump a signé mercredi un mémorandum visant à autoriser les entreprises privées à mener des cyberattaques offensives contre des entités criminelles étrangères.

Le président américain estime que son administration devrait « tirer parti des capacités et de l’innovation du secteur privé pour mener ces cyberopérations sous la direction, le contrôle et l’autorité du gouvernement américain », a déclaré la Maison Blanche.

Ce changement de politique confère au secteur privé un rôle traditionnellement réservé aux agences gouvernementales, le déléguant de fait à des entreprises dans la lutte contre la cybercriminalité. Le mémorandum de Trump n’accorde pas aux entreprises privées une capacité illimitée à mener des opérations de piratage, mais autorise plutôt des « cyberopérations limitées sous la direction du gouvernement américain ».

L’inquiétude internationale face aux cyberattaques s’est accrue suite à la publication de modèles d’intelligence artificielle de plus en plus puissants, qui ont démontré leur capacité à pirater des systèmes de sécurité obsolètes. Aux États-Unis, des pirates informatiques ont ciblé des infrastructures critiques dans plusieurs États en début d’année, provoquant des perturbations dans les réseaux d’eau potable.

Dans une fiche d’information relative à la note de service, la Maison Blanche a évoqué les attaques par rançongiciel, les fraudes financières et autres crimes perpétrés par des organisations criminelles étrangères, qualifiées d’« organisations criminelles transnationales » (OCT) dans la note.

L’administration Trump s’était déjà engagée à accorder un rôle plus important aux entreprises privées dans les opérations de cybersécurité. Une politique nationale de cybersécurité, publiée en mars, stipulait que le gouvernement mettrait en place des mesures incitatives pour « mobiliser le secteur privé » contre les adversaires étrangers. Ces projets ont suscité des interrogations de la part d’experts juridiques quant aux risques encourus par les entreprises impliquées dans des conflits numériques internationaux.

La note de service, publiée mercredi, établit un cadre incitant les entreprises du secteur privé à conclure des accords avec d’autres entités privées, ainsi qu’avec les agences fédérales, étatiques, locales, tribales et territoriales, afin de recueillir des informations sur les menaces pesant sur les organisations criminelles transnationales et de proposer des cyberopérations pour contrer ces menaces, a ajouté la Maison Blanche.

La note charge le Département de la Sécurité intérieure (DHS), par l’intermédiaire du Centre national de coordination de la cellule de crise sur la sécurité intérieure, de créer un programme « visant à mener des cyberopérations spécifiques pour perturber les organisations criminelles transnationales étrangères », qui sera supervisé par le DHS et le Département de la Justice.

Sous la supervision du gouvernement fédéral, les entreprises participantes, après vérification de leurs antécédents, mèneront des « opérations de cybersurveillance » et des « opérations de cyber-effets » contre des cibles spécifiques, précise la note.

« Les cyber-effets comprennent la manipulation, la perturbation, le déni d’accès, la dégradation ou la destruction potentielles des systèmes d’information, des réseaux, des infrastructures physiques ou virtuelles contrôlées par des systèmes d’information, ou des informations qui y résident », indique la note.

Les entreprises participantes devront déposer une caution ou un fonds séquestre d’au moins un million de dollars, selon la note de service.

L’idée de la participation d’entreprises du secteur privé à des cyberopérations contre des cibles criminelles et autres n’est pas nouvelle, mais elle a déjà suscité la controverse par le passé, notamment en raison des craintes d’escalade, de conséquences imprévues et de problèmes de coordination inter-agences.

Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) et la Maison-Blanche n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de précisions concernant ce programme.

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