Conflit Iran-États-Unis : Trump annonce un accord « imminent » malgré la persistance des tensions dans le détroit d’Ormuz

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PHOTO DE FICHIER : Le président américain Donald Trump participe à une réunion du cabinet, à la Maison Blanche
PHOTO DE DOSSIER : Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une réunion du cabinet dans la salle du cabinet de la Maison Blanche, à Washington, D.C., États-Unis, le 27 mai 2026. REUTERS/Evan Vucci/File Photo

L’espoir d’une sortie de crise entre Téhéran et Washington s’est invité vendredi sur le devant de la scène diplomatique. Le président américain, Donald Trump, a affirmé qu’un accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran pourrait être conclu dès ce week-end, en dépit des déclarations prudentes des autorités iraniennes, qui assurent n’avoir encore pris « aucune décision définitive ».

Un tel accord constituerait la percée la plus significative depuis l’ouverture du conflit, il y a trois mois. Une guerre qui a déjà fait des milliers de morts, provoqué une flambée des prix mondiaux de l’énergie et paralysé une large part du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le transport du pétrole.

« Nous venons de finaliser un excellent accord sur le conflit avec l’Iran », a déclaré M. Trump à la presse, jeudi, depuis la Maison Blanche. « Le détroit sera officiellement rouvert dès la signature, qui pourrait intervenir très prochainement, peut-être même ce week-end en Europe. » Selon le président américain, le vice-président, J.D. Vance, assisterait à la cérémonie.

Interrogé sur l’aval du guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, le locataire de la Maison Blanche a répondu : « Je crois comprendre que la réponse est oui. »

Mises en garde de Téhéran

Depuis la mi-mars, M. Trump multiplie les annonces d’un accord proche avec l’Iran, alors même que les deux camps ont échangé des frappes cette semaine, mettant à rude épreuve la trêve proclamée en avril.

Les médias d’État iraniens ont rapporté que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, reconnaissait que de larges pans du texte avaient été bouclés, tout en rappelant que l’Iran ne céderait pas sur ses « lignes rouges ».

« Nous n’avons pas encore tiré de conclusion définitive sur cette question. Un point très important est actuellement examiné par les instances compétentes », a-t-il précisé.

Les marchés européens en hausse, le pétrole chute

Sur les places boursières asiatiques, l’espoir d’une paix prochaine a alimenté un mouvement général de reprise, tandis que les cours du pétrole ont dégringolé à leurs plus bas niveaux depuis deux mois.

Pourtant, la tension reste vive dans le détroit d’Ormuz. Un responsable américain a affirmé que les forces des États-Unis avaient abattu deux drones d’attaque iraniens après une tentative de Téhéran de frapper des navires commerciaux. Par ailleurs, l’armée iranienne aurait empêché le passage d’un pétrolier, selon des médias d’État, qui font état d’explosions entendues tôt vendredi.

L’annonce de M. Trump intervient après qu’il a lui-même annulé des frappes militaires prévues contre l’Iran, invoquant des progrès dans les négociations. « C’est un protocole d’accord très solide, quoique quelque peu conceptuel », a-t-il concédé devant la presse.

L’enjeu nucléaire et les conditions de Téhéran

Le président américain a martelé que tout accord de paix devait empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire – une intention que Téhéran dément. De son côté, l’Iran exige la levée des sanctions internationales, le déblocage de ses avoirs gelés – pour des milliards de dollars – et la reconnaissance de son contrôle sur le détroit d’Ormuz.

« Le plus important, c’est qu’il n’y aura pas d’armes nucléaires en Iran. Cela signifie ni développées ni achetées », a insisté M. Trump lors d’un événement de campagne tenu par téléphone.

Revirements et pressions politiques

Jeudi encore, le président américain menaçait de frapper l’Iran « très durement ce soir », évoquant même la prise pour cible de l’île de Kharg, centre névralgique des infrastructures pétrolières iraniennes.

Sur le plan intérieur, la guerre est devenue un boulet politique pour la Maison Blanche. Les sondages montrent une chute de popularité de M. Trump, la hausse du prix de l’essence suscitant la colère des électeurs.

Certains républicains redoutent ouvertement que l’impopularité du conflit ne leur fasse perdre le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre.

Mais, le président doit aussi composer avec les faucons antirépublicains de son propre camp, lesquels avaient fait échouer une précédente tentative d’accord.

Réactions contrastées au Moyen-Orient

Selon M. Trump, l’accord a reçu l’aval d’Israël, de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis.

Pourtant, le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a pris soin de préciser, après un entretien entre le dirigeant israélien et le président américain, qu’Israël n’était « pas partie prenante » au mémorandum avec l’Iran.

Netanyaou a néanmoins exprimé sa reconnaissance à M. Trump pour son engagement en faveur d’un accord incluant le retrait des matières enrichies, le démantèlement des infrastructures d’enrichissement, la limitation de la production de missiles et la fin du soutien aux groupes armés régionaux.

En échange, Téhéran exige la fin des frappes israéliennes au Liban, où les combats se poursuivent dans le cadre d’une guerre parallèle opposant Israël au Hezbollah, mouvement soutenu par l’Iran.

CTV avec Reuters

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