Crédit bancaire : le TEG des PME recule à 11,43 %, contre 6,72 % pour les grandes entreprises

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Au quatrième trimestre 2025, le taux effectif global (TEG) moyen des PME s’est établi à 11,43 %, contre 6,72 % pour les grandes entreprises, selon la BEAC. L’écart se réduit sur un an, mais les PME restent nettement pénalisées, notamment pour financer leur trésorerie.

L’écart entre les deux catégories atteint ainsi 4,71 points, contre 5,17 points un an plus tôt. Au quatrième trimestre 2024, le TEG moyen était de 12 % pour les PME et de 6,83 % pour les grandes entreprises. Sur un an, le taux des PME a donc diminué de 0,57 point, contre 0,11 point pour celui des grandes entreprises.

La situation est moins favorable aux PME pour le financement de leur trésorerie. Pour les crédits de trésorerie hors découverts et effets escomptés, leur TEG moyen atteignait 13,82 % au quatrième trimestre 2025, contre 6,84 % pour les grandes entreprises. Les taux ont baissé dans les deux catégories par rapport à 2024, mais l’écart s’est légèrement creusé, passant de 6,81 à 6,98 points.

Sur les crédits à moyen terme, la tendance s’inverse. Le TEG moyen appliqué aux PME a chuté de 13,80 % au quatrième trimestre 2024 à 11,15 % un an plus tard, tandis que celui des grandes entreprises est passé de 8,28 % à 11,79 %. Les grandes entreprises ont donc payé en moyenne 0,64 point de plus que les PME sur cette catégorie de prêts, une inversion qui reste limitée à ce segment et à cette période : tous prêts confondus, les PME demeurent nettement plus coûteuses à financer.

Cet écart de coût s’accompagne d’un déséquilibre dans les montants prêtés. Au quatrième trimestre 2025, les banques ont accordé 1 236 milliards de FCFA de nouveaux crédits aux grandes entreprises, contre 376,1 milliards aux PME, soit environ 3,3 fois plus. Les grandes entreprises ont concentré 64,3 % des nouveaux concours bancaires distribués au Cameroun, contre 19,56 % pour les PME. Cette répartition ne traduit toutefois pas une progression des crédits aux grandes entreprises : leur volume a diminué de 5,32 % sur un an, tandis que celui destiné aux PME a augmenté de 0,98 %.

Les données trimestrielles de la BEAC diffèrent par ailleurs de l’évolution présentée dans le Rapport sur la compétitivité de l’économie camerounaise en 2025. À partir de données attribuées au Comité national économique et financier (CNEF), ce document fait état entre 2024 et 2025 d’une hausse de 1,88 point du coût des crédits à moyen terme des PME et de 1,56 point pour les crédits à court terme, d’où un « resserrement des conditions d’accès au crédit ». La BEAC montre au contraire une baisse du TEG moyen des PME entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025. Les deux résultats ne sont toutefois pas nécessairement contradictoires : le rapport présente des valeurs annuelles, quand les chiffres de la BEAC portent ici sur deux quatrièmes trimestres.

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