Quarante-sept mille trois cent huit litres. C’est le volume cumulé de produits pétroliers saisis ou immobilisés que l’on peut recenser dans les six communiqués publiés par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) depuis le 29 juillet 2026. Un total qui ne constitue pas un bilan national, mais seulement la somme des opérations pour lesquelles le ministère a rendu publics des volumes précis.
La plus importante remonte au 29 juillet. Ce jour-là, à Boumnyebel, un camion-citerne chargé de 36 000 litres de gasoil est intercepté après la découverte de scellés de sécurité brisés. Les premiers éléments communiqués par le ministère indiquent qu’il s’agissait de gasoil défiscalisé destiné à l’exportation, et que les responsables du transport étaient soupçonnés de vouloir détourner une partie de la cargaison vers le marché intérieur informel. Cette seule prise concentre environ 76 % du volume recensé depuis cette date.

Les autres opérations portent sur des quantités bien moindres. Dans la nuit du 13 au 14 août, 928 litres de gasoil sont saisis à Yaoundé et Awae. Du 19 au 21 août, une mission dans le Littoral permet la saisie de 2 440 litres de gasoil. Le 28 août, le bilan publié fait état de 2 665 litres de produits pétroliers saisis à Melong et dans ses environs, dont 345 litres de super.
Du 9 au 11 septembre, une opération menée à Yaoundé et dans plusieurs localités environnantes (Olembé, Nkometou, Mfou, Sombo et Monti ) aboutit à la saisie de 1 075 litres. Les contrôles ont également porté sur les stations-service, notamment sur le respect de la circulaire du 21 mars 2023 encadrant la vente de carburant dans des récipients de grande capacité.
Enfin, les 12 et 13 septembre, 4 200 litres de gasoil sont découverts dans un camion sur l’axe de Sangmélima, dans le sud du pays. Le MINEE indique que l’intervention a été déclenchée sur renseignement : les équipes chargées du contrôle ont suivi le véhicule avant de découvrir le carburant dans l’un de ses compartiments. Le ministère ne précise ni l’origine du produit, ni sa destination, ni l’identité du transporteur, ni l’existence éventuelle d’interpellations.
Ces silences ne sont pas propres à ce cas. Le MINEE ne publie pas, à ce stade, de bilan consolidé sur les volumes saisis en 2026, les sanctions prononcées ou les pertes financières attribuées à ces trafics. Les chiffres avancés correspondent uniquement aux opérations pour lesquelles des volumes ont été rendus publics depuis le 29 juillet.
La dimension financière de la fraude reste, elle aussi, difficile à établir. En septembre 2026, le prix du gasoil reste fixé à 828 FCFA le litre à Douala. La structure des prix de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures fait ressortir un coût d’importation de 860,10 FCFA par litre et une ligne « soutien/remboursement État » de 315,47 FCFA par litre. Il n’est cependant pas possible d’en déduire une perte budgétaire correspondant aux 4 200 litres interceptés à Sangmélima : le ministère ne précise pas l’origine de cette cargaison ni si elle avait bénéficié du mécanisme de stabilisation.
Le transport, le stockage, la distribution et la revente des produits pétroliers sont notamment encadrés par le décret du 13 novembre 2000 sur les activités du secteur pétrolier aval. Le MINEE indique poursuivre la surveillance des axes routiers et des circuits de commercialisation, sans publier pour l’instant de bilan consolidé sur les volumes saisis en 2026, les sanctions prononcées ou les pertes financières attribuées à ces trafics.





