A moins de huit mois de l’élection présidentielle, de multiples candidatures et autant d’incertitudes

Partager sur:

Le président français Macron préside la Conférence nationale sur le handicap 2026
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de la Conférence nationale sur le handicap à Bobigny, près de Paris. /Photo prise le 4 septembre 2026/Firas Abdullah/Pool via REUTERS

A moins de huit mois du départ de l’Elysée du président français Emmanuel Macron, au pouvoir depuis 2017 et contraint à deux mandats consécutifs par la Constitution, de nombreuses personnalités ont fait part de leur intention de lui succéder, de manière plus ou moins formelle.

Emmanuel Macron quittera ses fonctions le 13 mai 2027.

Si les instituts de sondage donnent pour l’heure la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, largement en tête au premier tour autour de 35% et gagnante au second dans la plupart des configurations, les perspectives ne sauraient manquer d’évoluer à mesure que se précisera la liste des prétendants.

L’organisation d’une ou plusieurs primaires – prévue en octobre pour la gauche non « mélenchoniste », prônée par une partie du centre-droit mais rejetée par les militants Les Républicains – pourrait ne pas suffire à dégager un chemin vers l’Elysée fort embouteillé.

Pour se présenter, 500 parrainages d’élus locaux sont nécessaires.

En 2022, douze candidats avaient brigué la magistrature suprême. Le record de 16 candidats remonte à 2002.

Voici la liste des candidats possibles, déclarés ou non, à l’élection présidentielle française, scrutin uninominal majoritaire à deux tours prévu les 18 avril et 2 mai 2027.

LES CANDIDATS DÉCLARÉS

Condamnée le 7 juillet par la cour d’appel de Paris dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national, la cheffe de file du Rassemblement national MARINE LE PEN s’est pourvue en cassation, confirmant dans la foulée sa quatrième candidature à l’Elysée.

A 58 ans, la double finaliste du scrutin présidentiel en 2017 et 2022 s’est lancée au détriment de son dauphin Jordan Bardella, président du RN qui aura 31 ans le 13 septembre, pressenti à Matignon en cas de victoire.

Après la publication d’un livre et un tour de France, l’ex-Premier ministre et actuel secrétaire général de Renaissance, GABRIEL ATTAL, 37 ans, a annoncé sa candidature fin mai dans un village de l’Aveyron.

En campagne tout l’été, le député des Hauts-de-Seine aborde la rentrée avec du retard dans les sondages derrière le chef du parti Horizons Edouard Philippe, hostile à une primaire.

Candidat à l’Élysée depuis septembre 2025, l’ancien Premier ministre (2017-2020) EDOUARD PHILIPPE, 55 ans, a vu son ambition confortée par sa victoire aux élections municipales en mars dans sa ville du Havre (Seine-Maritime).

Crédité d’environ 17% des intentions de vote au premier tour dans les derniers sondages, le président d’Horizons promet un programme « massif » notamment centré sur la réduction des dépenses publiques pour l’emmener vers l’Elysée.

Il a reçu le soutien de personnalités comme le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon et l’ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Moriset.

Le Parquet national financier a ouvert une enquête visant Edouard Philippe pour détournement de fonds publics et favoritisme, en lien avec la Cité numérique du Havre.

Lors d’une consultation en avril, 73,8% des adhérents du parti Les Républicains (LR) ont désigné leur président BRUNO RETAILLEAU, sénateur vendéen de 65 ans, candidat à la présidentielle, écartant de fait l’idée d’une primaire interne.

La campagne de l’ex-ministre de l’Intérieur peine à décoller, nourrissant des inquiétudes dans son camp.

Facilement réélu maire de Cannes en mars, le libéral ex-LR DAVID LISNARD, 57 ans, fondateur du parti Nouvelle Énergie et président de l’Association des maires de France, a annoncé en janvier sa candidature à l’Elysée. Il plaide pour une primaire à droite.

Les souverainistes NICOLAS DUPONT-AIGNAN, président de Debout La France âgé de 65 ans, FRANÇOIS ASSELINEAU, 68 ans, président de l’Union populaire républicaine et FLORIAN PHILIPPOT, 44 ans, ancien vice-président du Front national et actuel président des Patriotes, sont candidats.

Même ambition affichée pour Erwan ROHOU (Mouvement écologiste indépendant), 57 ans, CLARA EGGER (Solution démocratique), 38 ans, ANTOINE MIKOLAJCZAK (Équinoxe), 27 ans, ANASSE KAZIB (Révolution permanente), 39 ans, SELMA LABIB (NPA-Révolutionnaires), 31 ans, l’avocat JUAN BRANCO (Les Ruches), 37 ans, LYDIE MASSARD (Union démocratique bretonne), 48 ans, BENOÎT MATHIEU, 27 ans, et le chanteur FRANCIS LALANNE, 68 ans.

A l’extrême gauche, le chef de file de La France insoumise (LFI), JEAN-LUC MÉLENCHON, 75 ans, est en campagne depuis l’annonce, le 3 mai, de sa quatrième candidature à la présidence de la République.

Lors de son premier grand meeting de campagne le 7 juin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ville remportée par son camp aux élections municipales de mars, il a appelé à concrétiser un « grand changement » dans la « Nouvelle France » qu’il appelle de ses voeux.

En 2022, l’ancien sénateur avait réuni 22% des suffrages, échouant à se qualifier pour le second tour à 420.000 voix près. La radicalité de celui qui se prétend le « mieux préparé » de sa famille politique divise la gauche. Des sondages l’ont donné qualifié au second tour face au Rassemblement national.

Le secrétaire national du Parti communiste français, FABIEN ROUSSEL, 57 ans, a officialisé ce dimanche sur TF1 sa candidature à la présidence de la République. Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) avait rassemblé 2,28% des voix en 2022.

Dans le reste de la gauche, le Parti socialiste a validé le 9 juillet le principe d’une primaire – ouverte à Place publique mais fermée aux Écologistes et aux ex-insoumis – qui se tiendra les 11 et 18 octobre.

L’eurodéputé Place Publique RAPHAËL GLUCKSMANN, 46 ans, le mieux placé dans les enquêtes d’opinion, participera à ce scrutin interne, de même que le Premier secrétaire du PS, OLIVIER FAURE, 58 ans. Les deux hommes ont récemment publié des livres pour préciser leur pensée.

Les députés socialistes PHILIPPE BRUN, 34 ans, JÉRÔME GUEDJ, 54 ans, EMMANUEL MAUREL, 53 ans, ainsi que l’ancienne ministre et candidate à l’Elysée SÉGOLÈNE ROYAL, 72 ans, ont aussi annoncé leur participation à la primaire.

La secrétaire nationale des Écologistes, MARINE TONDELIER, 40 ans, a fait valider sa candidature par son parti. Des voix, comme celle de la députée Sandrine Rousseau, s’élèvent dans son parti en faveur d’un rapprochement avec La France insoumise.

Les députés ex-LFI CLÉMENTINE AUTAIN, 53 ans, et FRANÇOIS RUFFIN, 50 ans, sont candidats à l’Elysée, de même que la députée « verte » des Deux-Sèvres et ex-ministre DELPHINE BATHO, 53 ans.

Egalement en lice, le maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) KARIM BOUAMRANE, 53 ans, se dit hostile à une primaire.

La représentante du parti trotskiste Lutte ouvrière, NATHALIE ARTHAUD, enseignante de 56 ans, est candidate à l’Elysée pour la quatrième fois, après avoir recueilli 0,56% des voix en 2022.

LES CANDIDATS POTENTIELS

Après avoir remporté 7% des voix en 2022, le nationaliste ERIC ZEMMOUR, 68 ans, pourrait de nouveau tenter sa chance au nom de son parti « Reconquête ». L’ancien journaliste, qui multiplie les interventions médiatiques, prévoit d’officialiser sa décision à l’automne.

« Je me prépare », répète l’ancien président de la République FRANÇOIS HOLLANDE, 72 ans, mettant en avant son expérience de chef d’Etat entre 2012 et 2017 et son élection comme député de Corrèze en 2024.

En pleine promotion de son livre « Unir » (Robert Laffont), celui qui avait renoncé fin 2011 à briguer un second mandat présidentiel promet une candidature social-démocrate indépendante de LFI pour le printemps prochain et refuse de se plier une primaire.

« Ma volonté d’être candidat est pleine et entière », a déclaré sur France Inter l’ancien Premier ministre socialiste BERNARD CAZENEUVE, 63 ans. Hostile à LFI, celui qui se définit comme un « républicain de gauche » a quitté le Parti socialiste en 2022, après la formation de la Nupes, et créé son mouvement « La Convention ». Il refuse de participer à la primaire socialiste.

L’ancien Premier ministre de François Hollande devenu éphémère ministre des Outre-Mer sous Emmanuel Macron, MANUEL VALLS, 64 ans, réfléchit à une candidature. « Je verrai ce que je ferai à l’automne », a-t-il dit sur BFMTV.

A droite, MICHEL BARNIER, Premier ministre de septembre à décembre 2024, a déclaré au Figaro se sentir « capable » d’être président de la République. Après son départ de Matignon, le Savoyard de 75 ans qui se dit « loyal » et « libre » a été élu député lors d’une législative partielle à Paris.

Le président des Hauts-de-France, XAVIER BERTRAND, 61 ans, ne cache pas son désir d’être de nouveau candidat sur une ligne hostile à tout rapprochement avec l’extrême droite. En campagne tout l’été, l’ancien ministre de la « droite sociale » a participé sans succès par le passé à plusieurs primaires de son camp.

A la différence de Bruno Retailleau, le chef de file des députés Les Républicains LAURENT WAUQUIEZ continue de plaider pour une large primaire de la droite allant d’Edouard Philippe à Sarah Knafo ou Éric Zemmour. L’ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes âgé de 51 ans a évoqué en mars 2025 dans La Dépêche du Midi son « objectif de reconstruire notre pays ».

Ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes et de la lutte contre les Discriminations, AURORE BERGÉ, 39 ans, est favorable à une primaire « du bloc central aux Républicains » et n’exclut pas d’y participer.

LES AUTRES CANDIDATS POSSIBLES

« Je veux être candidat, je me bats pour être candidat », a récemment déclaré sur BFMTV DOMINIQUE DE VILLEPIN, 72 ans, fondateur du mouvement La France humaniste.

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac reste célèbre pour avoir signifié le refus de la France d’entrer en guerre contre l’Irak aux Nations Unies en 2003 tente de réunir les 500 parrainages qui lui avaient échappé en 2012.

Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « recel de détournements de fonds publics » sur l’acquisition d’une statuette et d’un buste de Napoléon reçus en cadeaux par Dominique de Villepin alors qu’il était ministre des Affaires étrangères (2002-2004).

Candidat en 2017 et 2022, l’ancien député des Pyrénées-Atlantiques JEAN LASSALLE, 71 ans, a déclaré en janvier à La République des Pyrénées « se préparer tout doucement » à une éventuelle candidature.

L’eurodéputée Reconquête SARAH KNAFO, 33 ans, a gagné des galons lors de sa campagne municipale à Paris, où elle a réuni 10,4% des voix. Dans un récent entretien accordé au JDD à l’occasion de la sortie de son livre « Le Casse du siècle » (Fayard), elle qualifie Eric Zemmour de « candidat naturel » de son parti.

Parmi les autres personnalités ayant fait part de leur désir d’Elysée figurent le dirigeant du groupe de grande distribution Leclerc MICHEL-EDOUARD LECLERC, 74 ans, qui « n’exclut rien » et se considère « pas plus con qu’un autre » (3 février, France Inter), l’homme d’affaires classé à gauche MATTHIEU PIGASSE, 57 ans, et l’éditorialiste NATACHA POLONY, 51 ans, qui avait soutenu Jean-Pierre Chevènement en 2002. « J’en ai assez de commenter le désastre », a-t-elle déclaré sur RTL.

CTV Info avec Reuters

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Retour en haut