La France divise par deux, à 0,5%, sa prévision de croissance pour 2026

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Conférence de presse du ministre français des Finances, Jean-Pierre Lescure, à Paris, pour faire le point sur les prévisions de croissance et de déficit.
Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, participe à une conférence de presse pour mettre à jour les prévisions de croissance et de déficit budgétaire du gouvernement pour le budget 2027, au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, à Paris, en France, le 11 septembre 2026. REUTERS/Stephanie Lecocq

Le gouvernement français a abaissé pour la troisième fois cette année sa prévision de croissance pour 2026, la ramenant à 0,5% contre 0,7% en juillet et 1,0% initialement, a annoncé vendredi le ministre de l’Economie Roland Lescure.

Les prévisions initiales du gouvernement tablaient sur une croissance de 1% du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2026, mais le ministre de l’Economie a cité des « incertitudes économiques » internationales, nationales et un environnement économique inédit pour justifier cette nouvelle révision à la baisse.

« On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année. C’est important, c’est majeur, avec un effet estimé de la sécheresse, des vagues de chaleur, à 0,1 point de PIB sur 2026, une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8% », a détaillé Roland Lescure à l’occasion d’une conférence de presse.

Le blocage du détroit d' »Ormuz, qui a impacté nos perspectives de croissance de l’ordre de 0,2% (…), impacte à la fois sur la consommation des ménages et sur les dépenses des entreprises », a-t-il ajouté.

Pour 2027, le gouvernement a dit tabler sur une croissance de 1%, espérant une réduction progressive des incertitudes politiques et un retour à la quasi-normale dans le détroit d’Ormuz dans les mois qui viennent.

« NOUS N’AVONS PLUS DE GRAS »

La guerre au Moyen-Orient affecte le trafic maritime dans ce détroit stratégique par lequel transitent en temps normal plus de 20% du pétrole mondial et une large part du gaz naturel liquéfié (GNL).

Bercy a également annoncé une inflation à 2,1% pour l’année 2026 avec un pic à 3% d’ici la fin de l’année et prévoit un chiffre de 1,8% en moyenne pour 2027.

« Plus que jamais, ces prévisions sont entourées de fortes incertitudes sur l’évolution des tensions géopolitiques, sur l’évolution des taux d’intérêt, sur l’évolution des aléas climatiques », a ajouté Roland Lescure.

« Si on réduit très fortement, très rapidement, les tensions géopolitiques, ça se verra sur les prix de l’énergie, ça se verra sur les taux d’intérêt, ça se verra sur la croissance française », a-t-il analysé, en référence à la promesse de Donald Trump de mettre fin au conflit entre les Etats-Unis et l’Iran dès la fin des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre.

Roland Lescure a souligné que le gouvernement français, qui prépare le projet de loi de finances pour 2027, année de l’élection présidentielle, travaillait dans un cadre budgétaire plus contraint que jamais.

« Pour le dire simplement, nous n’avons plus de gras. Ce cadrage budgétaire démontre la nécessité impérieuse d’adopter un budget le plus tôt possible pour 2027 avant la fin de l’année, je l’espère », a-t-il dit.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présenter un projet de budget pour 2027 en conseil des ministres à la fin du mois, texte qui doit être déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre.

Sous la menace d’un vote de censure faute de majorité au Parlement, le chef du gouvernement est à la recherche de 30 milliards d’euros d’économies.

CTV Info avec Reuters

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