Gianni Infantino, qui briguera un nouveau mandat en mars 2027, est critiqué depuis qu’il a présenté un projet désormais abandonné visant à céder 20% d’une entité commerciale détenant les droits des compétitions de la Fifa. Plusieurs pays ont depuis retiré leur soutien à sa candidature. Le dirigeant helvético-italien est également sous la pression de trois confédérations, dont l’UEFA, la Confédération asiatique de football (AFC) et la Concacaf, qui demandent sa démission. Les instances régionales ont évoqué un possible vote de défiance contre Gianni Infantino, alors que l’opposition à sa candidature se renforce.

L’Uefa sollicite un tribunal américain pour obtenir des documents de la Fifa avant une procédure en Suisse contre Infantino
L’Uefa a demandé à un tribunal fédéral américain l’autorisation d’obtenir des témoignages et des documents auprès d’entités de la Fifa en Floride, en vue d’une plainte pénale qu’elle envisage de déposer en Suisse contre le président de la Fifa, Gianni Infantino, selon un document judiciaire.
Dans une requête ex parte déposée en vertu du droit américain, l’instance dirigeante du football européen a déclaré qu’elle envisageait d’engager des poursuites pénales contre Gianni Infantino et, potentiellement, contre d’autres responsables et conseillers de la Fifa au sujet d’un projet désormais abandonné visant à transférer les droits commerciaux liés aux Coupes du monde masculine et féminine ainsi qu’à la Coupe du monde des clubs à une nouvelle filiale appelée Fifa Forward Enterprise (FFE).
L’Uefa affirme que Gianni Infantino a élaboré ce projet en secret avec un petit groupe de conseillers et d’investisseurs, en contournant les procédures habituelles de gouvernance de la FIFA et sans consulter le Conseil de la Fifa, les confédérations régionales ou les associations membres.
La requête demande à un tribunal américain d’autoriser la communication de pièces par Fifa (Americas), Inc. et FWC2026 US, Inc., deux entités de la Fifa basées en Floride. L’Uefa a déclaré que ces organisations pourraient détenir des documents et faire témoigner des personnes susceptibles de fournir des informations pertinentes concernant la manière dont l’opération FFE a été conçue, structurée, évaluée et approuvée.
L’Uefa a indiqué qu’elle et d’autres parties intéressées préparaient des actions en Suisse contre Gianni Infantino pour une éventuelle infraction de gestion déloyale, au sens de l’article 158 du Code pénal suisse.
Selon la requête, Gianni Infantino et un petit groupe de conseillers et d’investisseurs ont travaillé au projet pendant plus d’un an sans consulter le Conseil de la Fifa, les confédérations régionales ou les 211 associations membres, avant son dévoilement le 28 juillet.
L’Uefa a déclaré que les statuts de la Fifa conféraient au Conseil la compétence exclusive pour décider de la manière dont les droits commerciaux de la Fifa sont exploités.
Selon la plainte, Gianni Infantino a désigné Thrive Eternal, un véhicule d’investissement contrôlé par Joshua Kushner et affilié à Thrive Capital, pour diriger un groupe d’investisseurs.
L’Uefa affirme que les investisseurs devaient acquérir une participation financière permanente dans la branche commerciale de la Fifa.
Greg Maffei, ancien directeur général de Liberty Media, avait été engagé comme conseiller commercial clé dans le cadre de l’opération, a déclaré l’Uefa.
Les droits commerciaux de la Fifa sous-évalués ?
L’Uefa a déclaré que les investisseurs auraient payé 4,2 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) pour une participation dans FIFA Forward Enterprise, ce qui valorisait l’entreprise à environ 20 milliards de dollars.
Selon l’Uefa, cette valorisation sous-évaluait considérablement les droits commerciaux de la Fifa et n’avait fait l’objet ni d’une mise aux enchères publique ni d’une évaluation indépendante.
Le dossier indique que la proposition s’est rapidement heurtée à une résistance dans le monde du football.
L’Uefa a indiqué que ses 55 pays membres avaient décidé à l’unanimité, le 30 juillet, de boycotter les compétitions de la Fifa, y compris la Coupe du monde, si le projet n’était pas retiré. La Confédération asiatique de football et la Concacaf se sont ensuite ralliées à cette position.
L’Uefa a également évoqué la démission de Carlos Cordeiro, conseiller du président de l’instance internationale, jugeant la proposition de filiale ouverte au privé « mauvaise pour le football ».
La Fifa a abandonné le projet le 1er août, mais l’Uefa a déclaré que des questions subsistaient quant à la manière dont elle avait été conçue et présenté.
Elle a indiqué que des membres du personnel de la Fifa s’étaient plaints en interne d’avoir été « trompés » et que le secrétaire général de la Fifa, Mattias Grafström, aurait été tenu à l’écart de la rédaction du projet.
Soutien de l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite, pays hôte de la Coupe du monde masculine de 2034, a apporté jeudi son soutien au président de la Fifa, Gianni Infantino, alors que ce dernier continue de faire l’objet de critiques suite à l’échec de son projet controversé de vente d’une participation dans la Coupe du monde.
Dans un communiqué, la Fédération saoudienne de football (Saff) a salué la reconnaissance par la Fifa de ses erreurs, ses excuses ainsi que la décision d’abandonner le projet Fifa Forward Enterprise (FFE), tout en appelant à un dialogue direct entre les différentes parties prenantes du football afin de rétablir l’unité.
« À ce stade, la Saff soutient les efforts continus du président de la Fifa, Gianni Infantino, et de la direction de la Fifa pour rétablir l’unité au sein de la famille du football et continuer à développer ce sport dans l’intérêt de tous », a déclaré la fédération sur son site internet.
Le soutien de l’Arabie saoudite revêt une importance particulière compte tenu de son rôle croissant dans le football mondial.
Le Fonds public d’investissement saoudien (Pif) s’est associé à la Fifa pour la Coupe du monde des clubs 2025 et a également été un soutien officiel en Amérique du Nord et en Asie lors de la Coupe du monde de cette année, illustrant les liens croissants entre l’Arabie saoudite et l’instance dirigeante du football mondial.
« Les trois dernières éditions de la Coupe du monde de la Fifa ont démontré ce que le football peut accomplir lorsque sa famille mondiale travaille main dans la main », a déclaré la fédération.
« La contribution du président de la Fifa au développement de ce sport à l’échelle mondiale depuis près d’une décennie mérite également d’être saluée. »





