La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré lundi que les efforts déployés par son gouvernement pour stimuler la croissance renforceraient la confiance des marchés dans le yen, alors que sa popularité est mise à mal par la hausse du coût de la vie provoquée précisément par la faiblesse de la monnaie.
La dirigeante nippone a également précisé que, bien que la Banque du Japon (BoJ) soit seule compétente en matière de politique monétaire, l’institution est tenue par la loi de collaborer étroitement avec le gouvernement.
« Les taux directeurs évoluent en fonction de divers facteurs et sont déterminés par les marchés. Il est difficile d’évaluer l’impact direct d’un facteur spécifique », a-t-elle déclaré lundi devant le Parlement.
« Mais la mise en place d’une économie forte, grâce à la stimulation de son potentiel de croissance et au renforcement de la compétitivité du Japon, conduirait à la confiance des marchés dans le yen », a-t-elle ajouté.
Sanae Takaichi a fait ces déclarations en réponse à une question d’un député de l’opposition qui lui demandait si la récente dépréciation du yen à son plus bas niveau depuis 40 ans pouvait s’expliquer par les réticences du gouvernement face aux projets de la banque centrale visant à relever les taux d’intérêt.
La Première ministre est connue pour ses positions accommodantes en matière de politique monétaire.
Si la BoJ devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés vendredi, elle devrait laisser la porte ouverte à de nouvelles hausses en adoptant un ton « hawkish » face aux pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient et à la faiblesse de la monnaie.
La cote de popularité du gouvernement de Sanae Takaichi a dans ce contexte chuté ce mois-ci à 57%, son plus bas niveau depuis son entrée en fonction l’année dernière, a rapporté dimanche le journal Yomiuri.
C’est la première fois que la cote de la dirigeant nippone passe sous la barre des 60% depuis son entrée en fonction en octobre 2025.
Le revers dans les sondages s’ajoute à ceux que les marchés ont déjà infligés à la Première ministre, notamment la flambée des rendements obligataires et une chute spectaculaire du yen.
Ces difficultés ont retardé la décision du gouvernement concernant l’opportunité et le calendrier d’une réduction de la taxe de 8% sur les ventes de produits alimentaires, une promesse faite par Sanae Takaichi pour atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie.
Le gouvernement n’a pas précisé comment il financerait cette suspension de la taxe qui, ajoutée à l’augmentation des dépenses de défense, représente une charge supplémentaire pour les finances publiques japonaises déjà sous pression.
« Si nous reportons les investissements pour l’avenir, le Japon perdra l’occasion de croître », a déclaré Sanae Takaichi lors d’une conférence de presse, ajoutant que son gouvernement s’efforcerait de concilier croissance et discipline budgétaire.
(Reportage Leika Kihara ; version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)





